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De 1064 à 1383  |  De 1383 à 1557  |  De 1557 à 1910
Alphonse Ier Henriques  |  Gualdim Pais  |  Denis Ier de Portugal
Commanderie de Tomar  |  Château d'Almourol  |  Château d'Ourem

La commanderie templière de Tomar

Portugal
Temple Evora

Tomar

L'histoire de Tomar est intimement liée à l'Ordre des Templiers. La ville a grandi au pied de la colline où le Grand Maître de l'Ordre, Gualdim Pais, fonda un château en 1160.

Le principal monument de Tomar est constitué par le Château et par le couvent du Christ, édifiés sur la colline qui domine la ville. Du château primitif (XIIème siècle) il reste aujourd'hui les murailles qui entouraient la forteresse et l'alcazar avec son donjon ainsi que le temple de plan circulaire, le maître autel central au milieu d'une chapelle octogonale selon le style roman en rotonde si cher aux templiers. L'Infant D. Henrique ajouta à l'église primitive la nef manuèline avec son magnifique portail.


Le site sur lequel s'élève le château des Templiers fut baptisé en 1190 du nom arabe du Nabaô, où Gualdim Pais venait de repousser un assaut musulman. Après avoir tenté de reprendre Silves (au sud du Portugal), l'émir du Maroc, à la tête d'une grande armée appuyée par les troupes des rois andalous, s'était avancé vers le nord, avait traversé le Tage, approché Santarém où se trouvait le roi Dom Sancho Ier et emporté Torres Noves et Abrantes. Il se préparait à faire de même pour Tomar mais, après six jours d'assaut, les templiers tenaient encore fermement le château, où la population s'était réfugiée. Les assiégés causèrent de terribles pertes aux Maures, principalement quand ceux-ci réussirent à forcer la porte sud du château et à entrer par milliers dans l'enceinte extérieure. Menant une contre-attaque immédiate, les chrétiens les repoussèrent avec une telle fougue et firent de telles coupes parmi leurs ennemis que la porte prit le nom de « porte du sang ».

 

La construction du château fut en grande partie réalisée à partir des pierres prélevées dans la ville détruite d'Além da Ponte (le «Selium» romain), sise au bord du Nabào - certaines d'entre elles qui ont conservé des inscriptions, sont aisément repérables. Décrivant un pentagone de forme irrégulière, la fortification est le fruit d'une architecture militaire avancée pour l'époque, qu'on retrouve en Terre sainte où Gualdim Pais puisa probablement son inspiration. Deux enceintes de murailles - l'une extérieure, l'autre en protection du donjon - et l'emploi conjoint de tours rondes et carrées en sont les témoignages, tout comme la merveilleuse rotonde du couvent, d'inspiration orientale.

 

La cour du château s'étend depuis la Porte du Soleil jusqu'à la Rotonde, située au nord-ouest. Sur la partie la plus élevée de la colline, l'enceinte du donjon est marquée par des murs de grande hauteur d'où émerge le donjon lui-même. Au sud-ouest, à l'extrémité d'une autre volée de muraille (aujourd'hui disparues), s'élève la tour de la Comtesse. Deux autres murailles s'étendant vers le sud-est sont renforcées de tours et de tours d'angle aux formes variées. La diversité des formes et des volumes, le jeu de perspectives entre la cour du donjon et l'enceinte extérieure, les fenêtres à meneaux, les arches, les merlons ornés de croix, le paysage boisé environnant, tout concourt à faire de ce château un monument remarquable et reconnu comme tel par l'Unesco.

Portugal

La Charola du château de Tomar

Remontant à la fin du XIIe - début du XIIIe siècle mais intégrée au couvent du Christ, la Rotonde (la Charola) constituait primitivement la chapelle des templiers.

Huit piliers supportent une construction octogonale à deux étages surmontés d'une coupole ; un déambulatoire à voûte annulaire sépare cet octogone du polygone extérieur à 16 côtés. La décoration - stucs, panneaux peints, statues - date du début du XVIe siècle. Cette rotonde répond donc au type des édifices templiers à plan centré mais son organisation en fait une interprétation originale de l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Consolidée, à l'extérieur, par de massifs contreforts se terminant sur une terrasse crénelée, elle ne défigurait pas au sein de la forteresse templière, dont elle constituait d'ailleurs une tour de garde.


 

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